CAROLINE BOË
Composer - Sound artist

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Soutenance de la thèse "Ces Sons qui nous Envahissent", Frac-Sud, PRISM, CNRS, Aix-Marseille Université, Locus Sonus, Ministère de la culture

24 novembre 2023

 

Ces Sons qui nous Envahissent et le projet Anthropophony

Le 24 novembre 2023, Caroline Boë soutient une thèse en "Pratique et Théorie de la Création Artistique", au FRAC Sud. Elle obtient ainsi le grade de docteure en Arts. 

La thèse, intitulée Ces Sons qui nous Envahissent a été élaborée au sein du laboratoires PRISM, sous tutelles d'Aix-Marseille Université, du CNRS, du ministère de la Culture, et du laboratoire LOCUS SONUS, sous tutelles de l'École Supérieure d'Art d'Aix ESAAIX et du ministère de la Culture.

La mention "Pratique et Théorie de la Création Artistique" implique de présenter au public et au jury, au même titre que la soutenance théorique, une création artistique. C'est la raison pour laquelle le FRAC-SUD a accueilli cette soutenance ainsi les deux installations sonores et la balade Oreilles Nues formant le projet artistique Anthropophony : https://fracsud.org/Ces-sons-qui-nous-envahissent.

Le Jury, présidé par Makis Solomos, est composé de trois professeur·es d'université et trois artistes sonores :
•Direction scientifique : Christine Esclapez (Professeur, Aix-Marseille Université)
•Direction artistique : Peter Sinclair (Artiste, École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence)
•Jury scientifique : Carmen Pardo Salgado (Professeur, Université de Girona), Makis Solomos (Professeur, Université Paris 8)
•Jury artistique : Ilaria Sartori (Artiste), Loïc Guénin (Artiste)

Ces sons qui nous envahissent explore la manière d'écouter notre paysage sonore saturé par de nombreux sons technologiques de faible intensité. Le brouillard de bruit, omniprésent, complique notre écoute du monde. Nos réflexes, inconscients, de filtrage des sons sont épuisants, voire susceptibles de déclencher des maladies environnementales. L'objectif principal de cette thèse est d'alerter sur l’envahissement sonore et de chercher les moyens de prendre soin de notre fragile faculté d'écoute.

L'importance de cette question réside dans une approche écosophique qui relie les trois écologies de Guattari. Inscrite dans la mention « Pratique et Théorie de la Création Artistique et Littéraire » cette thèse propose artistiquement d’archiver, d’écouter et de recycler ce que nous pourrions considérer comme des déchets sonores de faible intensité. De cette manière, nous ne subissons plus ces nuisances, mais nous les écoutons attentivement, de façon esthétique.

La problématique centrale est de déterminer si une création artistique, relevant de l’art sonore, est susceptible de dénoncer les sons qui nous envahissent et, à travers cette sensibilisation, d’amener le public à développer une écoute plus claire de son environnement et d’être ainsi mieux connecté au monde. Cette problématique se confronte à une querelle académique opposant traditionnellement le World Soundscape Project initié par Murray Schafer, proposant une esthétique hétéronome et documentaire du son, et la philosophie de la musique et du son prônée par John Cage proposant, quant à elle, un son libéré de l’image, autonome et incarné.

La méthodologie adoptée dans cette thèse est un mélange de recherche-création et de méthodologie interprétative et qualitative. La création artistique de cette thèse s’apparente à un art universitaire qui permet de proposer une expérience esthétique et de recueillir des données sous forme d'impressions et de récits d'expérience d’un public qui collabore ainsi de façon active et engagée à cette étude.

Le principal résultat de cette recherche est l’élaboration d’une typologie de cinq postures d'écoute des sons qui nous envahissent. Cette typologie permet de d’esquisser la théorisation d’un nouveau concept : le soin de l’écoute. Celui-ci est fondé sur l’idée cagienne selon laquelle non seulement l’écoute attentive de l’environnement nous libère de la fatigue liée à l’activité inconsciente de filtrage auditif, mais peut également nous procurer un réel plaisir auditif. D’un autre côté, cette sensibilisation offre la possibilité d’attribuer de façon schaferienne une cause aux sons qui nous envahissent, ce qui nous permet de comprendre que ces sons, même s’ils sont inframinces, révèlent une pollution plus grave, liée à la consommation énergétique des machines, à leurs composants électroniques – comme les terres rares – ou gazeux – comme les gaz réfrigérants HFC. À partir d’une écoute esthétique et de sa mise en relation avec l’écologie sonore, nous pouvons alerter sur l’urgence de chercher des solutions écologiques moins toxiques pour l’environnement.

Quelques diapos extraites de la présentation :

Quelques photos de l'installation Une Loupe pour Toucher :

Quelques photos de la balade sonore :